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Montréal, le lundi 22 avril 2013 Notes pour une allocution de la première ministre du Québec, Mme Pauline Marois, au Conseil du patronat du Québec

La version prononcée fait foi.

Bonjour et merci de cette invitation.

En entendant la voix du Centre Bell, on pense tout de suite au hockey… à  la fièvre des séries… Et au printemps qui commence à se faire sentir après un hiver trop long.

Il y a un parfum de renouveau qui flotte sur Montréal. Bien sûr, tout n’est pas parfait. Mais il est temps de regarder et de parler de tous les aspects formidables de notre métropole.

D’abord, on dira ce qu’on voudra, mais la paix sociale est bel et bien revenue. On l’oublie trop souvent, mais Montréal demeure la grande ville la plus sécuritaire d’Amérique du Nord. C’est un atout important.

En juin, il y aura un Grand Prix, c’est garanti. Nous entrerons ensuite dans la période des grands festivals.

Le gouvernement est en train de mettre en œuvre une nouvelle politique du tourisme. Une campagne de promotion internationale est en cours. Ça s’appelle « Québec original ». Nous voulons miser sur la créativité, l’imagination et l’esprit d’entreprise des Québécois.

Parlant de créativité, dans un mois, ce sera au tour de C2 Montréal d’être à l’honneur. Notre métropole est belle, elle est créative, elle est bouillonnante de culture, d’imagination et de cet esprit d’entreprise qui nous caractérise.

Montréal est absolument unique. Montréal est une ville très vivante. C’est vrai dans le monde des affaires. Nous sommes un pôle mondial dans le domaine aéronautique.

Le gouvernement soutient très concrètement le lancement de la Série C de Bombardier, avec le nouveau moteur de Pratt & Whitney. Nous avons confiance. Il faut saluer l’audace de la direction de Bombardier, qui a décidé de lancer un nouvel avion.

C’est très important pour l’économie de la région de Montréal. C’est très important pour tout le Québec.

Je leur dis « bravo ».

Nous avons également réussi à faire du Québec une place forte des sciences de la vie. Ce secteur a connu des difficultés dans les dernières années, mais nous avons agi rapidement.

Le crédit d’impôt pour la recherche biopharmaceutique atteint maintenant 27,5 %. Nous avons aussi créé un fonds d’appariement de 125 millions de dollars pour soutenir les projets de recherche pharmaceutique.

Nous devons nous réjouir de disposer de trois hôpitaux universitaires, de trois formidables outils de recherche. Nous avons une base forte pour assurer non seulement la consolidation, mais aussi le développement de ce pôle économique.

Montréal doit plus que jamais s’affirmer comme une métropole nord-américaine des sciences de la vie.

Dans les années 1990, sous l’impulsion de Bernard Landry, le gouvernement du Parti Québécois a mis en place les conditions pour créer, à partir de presque rien, une industrie du multimédia au Québec. Nous avons réussi : le Québec est devenu un pôle dans la création de jeux vidéo, mais aussi dans une série de domaines liés à l’économie numérique.

Il y a quelques mois, j’ai annoncé la venue de l’entreprise Framestore à Montréal. Le recrutement est amorcé et les bureaux vont ouvrir dans quelques jours. Parmi les raisons qui ont incité les dirigeants à venir s’installer ici, il y avait surtout la créativité des Québécois dans ce domaine.

Le Québec a des travailleurs et des dirigeants créatifs, talentueux et durs à l’ouvrage. C’est le premier ingrédient pour attirer des investissements. Nous avons d’ailleurs mis en place un système performant de formation de la main d’œuvre. Les entreprises, les syndicats, le gouvernement et les organismes de formation dans chacune de nos régions y contribuent. C’est un travail d’équipe.

Dans son dernier budget, le gouvernement fédéral a annoncé son intention de tout remettre en cause, d’imposer son propre modèle. Puisque la priorité d’Ottawa c’est l’économie, je leur demande de faire l’économie de cette nouvelle pomme de discorde.

Pour attirer des investissements, il faut offrir un environnement d’affaires intéressant. On apprenait récemment que Montréal s’était hissée au premier rang des villes d’avenir des Amériques pour la stratégie d’attraction des investissements étrangers.

Au tout premier rang. Je crois que nous devons saluer une équipe qui travaille fort pour attirer des investissements chez nous.

Bravo à Montréal International!

Il faut des entrepreneurs pour créer et faire grandir nos entreprises. Il y a quelque temps, un grand entrepreneur québécois, un chef d’entreprise m’a dit qu’il désirait servir le Québec. J’ai beaucoup apprécié et j’ai été très heureuse de le nommer président du conseil d’administration d’Hydro Québec.

Au nom des Québécois, je vous en remercie, Monsieur Péladeau.

J’en profite aujourd’hui pour m’adresser aux entrepreneurs et aux dirigeants d’entreprise qui voudraient servir le Québec, d’une façon ou d’une autre, en mettant leur expérience et leur expertise au service de l’État. N’hésitez pas. Le Québec a besoin de ses entrepreneurs!

Pour soutenir les entreprises, au Québec, nous avons aussi la chance de disposer d’un bassin exceptionnel de capital de risque. C’est très important pour démarrer et faire grandir des entreprises.

Au fil du temps, nous avons tissé une impressionnante toile dans le domaine du financement. Depuis sa création, la Caisse de dépôt et placement s’est avérée un outil puissant et elle continue à jouer un rôle fondamental aujourd’hui.

Nous avons les banques et nous avons aussi un secteur coopératif très étendu avec le Mouvement Desjardins. Et puis, pour compléter cette offre, il y a les fonds fiscaux, le Fonds de solidarité et le Fondaction. Ces fonds ont beaucoup aidé à la création et au développement de nos entreprises.

Metro, Rona, Bombardier, la SSQ, Juste pour rire, Air Transat, Léger Marketing et des centaines d’autres entreprises, des centaines d’entrepreneurs ont enrichi le Québec grâce aux fonds.

La décision du gouvernement fédéral de mettre fin aux incitatifs fiscaux est totalement contre-productive. Des 312 millions que le gouvernement fédéral compte aller chercher en abolissant le crédit d’impôt, 88 % proviennent du Québec. C’est près de 300 millions de moins qui sont disponibles pour nos entreprises. Et, à terme, ça ne rapportera rien au trésor fédéral, puisque les crédits d’impôt se remboursent en quelques années.

Le Fonds de solidarité est le fruit d’une collaboration entre Brian Mulroney, René Lévesque et Louis Laberge. Un premier ministre du Canada, un premier ministre du Québec souverainiste et un chef syndical. C’est ça aussi, le Québec.

On peut et on doit mettre de côté certains de nos désaccords pour atteindre un but commun, pour le bien du Québec.

Pour ma part, je suis prête à tendre la main à M. Harper, à le rencontrer pour le convaincre de changer cette décision. Je compte sur vous, aussi, du milieu des affaires, pour plaider la cause du Québec auprès d’Ottawa. Là-dessus, les entreprises, les syndicats, le gouvernement et tous les partis à Québec sont d’accord.

Parlant de financement, vous savez que c’est un gouvernement du Parti Québécois qui a créé Investissement Québec à l’époque. C’est une décision qui a porté ses fruits. Mais ça faisait longtemps que les entrepreneurs nous demandaient de simplifier notre action.

Le guichet unique si longtemps attendu par les entrepreneurs va se matérialiser. Le projet de loi créant la Banque de développement économique du Québec sera déposé dans quelques jours. Nous espérons obtenir l’appui de l’opposition pour mettre en place très rapidement ce puissant outil de développement économique, dans toutes les régions du Québec.

La Banque va intégrer Investissement Québec et les fonctionnaires du développement économique. La Banque, ce n’est pas une structure de plus, c’est un regroupement, ce sont des structures en moins. Avec la Banque, on va faciliter la vie des entrepreneurs et des entreprises.

Et puis il y a les investissements dans les infrastructures. Nous avons remis de la rigueur dans le processus d’octroi des contrats, dans le contrôle des coûts et des échéanciers. C’est reparti, maintenant. Regardez le nombre de grues à l’œuvre dans le ciel de Montréal : on en compte plus de 80.

Cette année et les suivantes, le gouvernement investira en moyenne 9,5 milliards de dollars dans nos infrastructures. Il s’agit d’un niveau d’investissement considérable.

Comme je l’ai annoncé il y a quelques semaines, le projet de nouvel échangeur Turcot va de l’avant. Il s’agit d’un projet gigantesque.

Il y a également le nouveau pont Champlain. Nous sommes déterminés à ce que le projet avance en tenant compte des intérêts de la région de Montréal et du Québec tout entier. On l’a annoncé vendredi : nous voulons que le nouveau pont intègre un système de train léger sur rail. On va décongestionner la région de Montréal et, du même coup, électrifier nos transports collectifs.

C’est clair : les grues ne sont pas à la veille de disparaître du ciel de Montréal!

Ce qui m’amène à vous parler du redressement de nos finances publiques. C’est une tâche très exigeante. Tous les gestionnaires qui ont eu à passer par là le savent. C’est facile d’annoncer des investissements qui rendent les gens heureux. C’est facile de dire « oui » à tous ceux qui ont besoin de plus d’argent. Ce qui est vraiment exigeant, c’est de contrôler les dépenses par des efforts budgétaires qui sont nécessairement douloureux.

Il n’y a pas d’échappatoire, sauf à utiliser la carte de crédit. Payer nos dépenses avec la carte de crédit, c’est repousser les problèmes à plus tard et les amplifier.

Il fallait donc agir rapidement et c’est ce que nous avons fait en déposant un budget dès l’automne. Un budget responsable, très rigoureux, appliqué par un gouvernement déterminé à atteindre ses objectifs.

On a entendu plusieurs groupes faire connaître leur déception et je ne les blâme pas. C’est normal. Là où je suis un peu déçue, c’est d’entendre si peu de voix nous appuyer. Nous nous sentons un peu seuls, parfois.

Pendant la dernière campagne, on a entendu des gens répéter tous les jours que le Parti Québécois était l’otage des groupes de pression et que je n’aurais pas le courage de contrôler les dépenses. Or, c’est exactement ce que je fais, avec toute mon équipe. Et, oui, ça demande du courage.

J’ai dit très clairement en campagne électorale que notre gouvernement allait équilibrer les finances. Je vous le redis aujourd’hui : le gouvernement va équilibrer ses finances et réduire l’endettement du Québec!

On doit aussi investir dans notre avenir économique et vous le savez : pour moi, le grand projet d’avenir du Québec, c’est notre indépendance énergétique et l’électrification de nos transports. Ce chantier offre un potentiel extraordinaire pour tout le Québec.

Il faut réaliser que nous importons du pétrole brut pour une valeur de 30 millions de dollars chaque jour, essentiellement pour nos transports.

Il n’y a pas de fatalité, on ne doit pas perdre notre indépendance économique sans broncher.

Imaginez si au lieu d’utiliser ce carburant importé, nos transports utilisaient une forme d’énergie propre au Québec : l’électricité. Imaginez un peu si au lieu de laisser sortir des milliards de chez nous, l’argent était investi ici, dans notre économie, pour nous enrichir.

Électrifier nos transports, ça signifie miser sur des entreprises d’ici, qui fabriquent déjà des trains, des métros, des autobus, des batteries et des composantes pour les véhicules électriques. Ça signifie aussi la création de nouvelles entreprises.

Il faudra inventer de nouvelles technologies, innover dans nos façons de faire, dans l’urbanisme, le design, l’énergie.

Aujourd’hui, c’est le Jour de la Terre. Électrifier nos transports nous permettra de réduire nos émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique. Notre qualité de vie en sera améliorée et nos villes vont gagner en attractivité.

On a des surplus énergétiques importants, au Québec. Nous pouvons faire de ces surplus un avantage économique. On peut les utiliser pour stimuler l’investissement et la création d’emplois dans toutes nos régions.

Nous avons créé un fonds de 200 millions de dollars pour les transports propres qui sera géré par la Banque de développement économique.

Un des créneaux de notre nouvelle politique de recherche et d’innovation sera le développement durable, avec un accent sur l’électrification des transports.

Dans les prochaines années, nous investirons des milliards dans les transports collectifs. Prolongement du métro, train léger sur rail, autobus électriques, trains de banlieue. On a là un levier puissant pour prendre ce virage et attirer des partenaires internationaux.

Le gouvernement sera un chef de file, en partenariat avec les fabricants. C’est tout le gouvernement que je vais mobiliser au cours des prochains mois. Plutôt que d’importer du pétrole, nous pourrons exporter notre savoir-faire, nos technologies, notre matériel et nos composantes de transport électrique.

On a l’énergie, on a la volonté, on a la vision.

Je vous invite à embarquer avec nous pour faire du Québec un pôle mondial des transports propres. Pour faire du Québec un des endroits les plus prospères des Amériques.

Évidemment, ça ne se fera pas du jour au lendemain. D’ici là, il faudra bien continuer à utiliser les hydrocarbures.

Aussi, mon gouvernement est déterminé à exploiter le potentiel pétrolier du Québec. Nous le ferons correctement, avec les meilleures pratiques environnementales et en respectant les gens. Et, surtout, la production pétrolière devra enrichir tous les Québécois.

En plus du potentiel pétrolier, le Québec dispose d’un très important bassin de ressources naturelles. Nous allons l’exploiter mais, là encore, nous voulons le faire correctement, au bénéfice de tous, y compris des prochaines générations.

La nouvelle loi sur les mines et le nouveau régime de redevances seront présentés très prochainement. Nous avons pris le temps de bien faire les choses. Cette politique sera claire, elle sera équitable, aussi bien pour les Québécois que pour les investisseurs. Et elle sera là pour longtemps, au bénéfice de tous.

En terminant, moi qui aime profondément le Québec et Montréal, je souhaite qu’on redevienne plus positifs, plus fiers. C’est normal et c’est sain de garder un esprit critique, d’éviter la complaisance. Mais regardons un peu tout ce que nous accomplissons tous les jours, dans tous les domaines.

On ne convaincra personne de venir nous visiter ou d’investir chez nous si nous ne sommes pas nous-mêmes fiers de ce que nous faisons et de ce que nous sommes. On a de quoi être fiers.

Montréal est une ville et une région qui offre une qualité de vie enviable. Il y a ici une vie culturelle bouillonnante. Montréal est une des plus importantes villes universitaires du continent. Nous sommes performants dans plusieurs créneaux économiques d’avenir.

On est en train de redevenir un exemple d’intégrité avec le ménage qui se poursuit. Nous sommes en voie d’être parmi les premiers à équilibrer nos finances publiques à la suite de la crise de 2008. Il s’est créé des dizaines de milliers d’emplois en 2012. Le taux de chômage est moins élevé à Montréal qu’à Toronto. La croissance de l’emploi dans les 12 derniers mois a été plus rapide que la moyenne canadienne.

Le tissu économique de Montréal se transforme depuis 25 ans, et c'est pour le mieux. Les gouvernements du Parti Québécois ont contribué à cette transformation dans le passé. Encore aujourd'hui, nous sommes déterminés à accélérer la renaissance de l'économie de Montréal.

Une économie diversifiée, moderne, basée sur le savoir, l'intelligence, la créativité. Une économie d'entrepreneurs, de rêveurs, de visionnaires. Une économie qui tient compte de l'équilibre entre l'environnement et la création de richesse.

D’ailleurs, je reconnais ici des visages en provenance de plusieurs régions du Québec. Nous pouvons nous enorgueillir de compter sur une vitalité économique un peu partout sur notre territoire. Certaines régions ont besoin de soutien, d'une attention particulière, et notre gouvernement va les appuyer. Mais il y a aussi des réussites extraordinaires dans plusieurs villes du Québec, et on ne le souligne pas assez.

La vitalité du Québec des régions, c'est l'une de nos grandes richesses. La volonté des Québécois de réussir, de bâtir, de se relever les manches, c'est notre plus grande richesse collective.

Le gouvernement que je dirige est là pour faciliter la tâche des entrepreneurs. Pour leur donner l'oxygène nécessaire à leur réussite et à leur croissance. Je ne dis pas que tout est parfait dans l'action gouvernementale à l'égard des entreprises. Mais ne vous méprenez pas; notre volonté est claire, nous voulons appuyer l'initiative et la création de richesse sur tout le territoire.

Nous fabriquons des avions, des trains, des médicaments, des jeux vidéo qui font le tour du monde.

Notre culture rayonne, notre territoire regorge de ressources, d’énergie propre. Nous allons nous projeter dans l’avenir en lançant le chantier de l’électrification des transports.

Nous avons tous les atouts. Mettons-les à profit. Et faisons du Québec et de Montréal un des endroits les plus prospères, les plus attirants et les plus enviables du monde.

Merci.


Online as of: April 22, 2013


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