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6 décembre 2014 Commémoration du drame de l’École Polytechnique de Montréal

Transcription

Anne-Marie Dussault : (Animatrice et journaliste à RDI) Ce soir, plusieurs personnalités, de tous les horizons, vont venir témoigner de l’importance du devoir de mémoire… de l’importance de préserver le souvenir des quatorze jeunes femmes tuées à l’École Polytechnique.

Pierre Bruneau : (Animateur et journaliste à LCN) Ce soir, nous avons traversé la montagne, à quelques pas de cet endroit, où les quatorze jeunes femmes ont perdu la vie. Nous nous sommes rappelés où nous étions, en ce 6 décembre 1989, et ce que nous faisions.

Je cite les mots du premier ministre du Québec, cette semaine, à l’Assemblée nationale, où on commémorait, justement, le souvenir des victimes de Polytechnique : « Il faut refuser tout climat d’intimidation et de peur envers les femmes. » Accueillons le premier ministre du Québec, monsieur Philippe Couillard.

(Applaudissements)

Philippe Couillard : (Premier ministre du Québec) Le 6 décembre 1989, le temps s’est arrêté. Et cette journée, elle reste marquée dans nos mémoires; notre mémoire à chacun, chacune, mais également la mémoire collective du Québec. Chacun d’entre nous se souvient de ce qui s’est passé, de la façon dont nous l’avons appris, du choc que nous avons éprouvé… et également de la grande peine qui nous a envahis. Un autre moment d’innocence perdue… la réalisation que les démons de notre monde sont aussi parmi nous. Devant de tels gestes, nos pensées se sont rapidement tournées vers les victimes, leurs familles, ainsi que les survivants. Ce père policier découvrant le corps de sa fille… comment oublier? Il ne faut pas oublier. Quatorze jeunes femmes pleines de talents, quatorze jeunes femmes remplies d’ambitions et de rêves, quatorze jeunes femmes qui nous ont quittés, bien sûr, trop tôt. Vingt-cinq ans plus tard, comme père de famille, bientôt grand-père, je ne peux pas m’imaginer… je ne trouve pas les mots, pour parler des épreuves par lesquelles les proches ont pu passer et passent encore.

Denis Coderre : (Maire de Montréal) Cette journée commémorative est là pour nous rappeler que la violence au quotidien est intolérable, inacceptable. Cette journée sert à affuter notre vigilance lorsque nous sommes témoins d’actes de violence ou d’agressions.

Philippe Couillard : Aujourd’hui, les Québécoises et les Québécois sont justement unis pour une seule et même raison : ne jamais oublier; ne jamais oublier que la vie est fragile, que la violence, bien sûr, ne règle jamais les problèmes et que, face à l’adversité, à l’inacceptable, nous sommes encore capables de nous sentir unis. Et oui, Monsieur le Maire, avec les maires des grandes villes, avec les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale et, j’espère, la Chambre des communes, avec les forces policières, nous reconstruirons ce qui manque dans le registre des armes à feu.

(Applaudissements)

Monique Simard : (Présidente de la SODEC, dont le nom figurait sur la liste du tueur) Mais c’est un devoir aussi, pour toutes celles qui se sont battues pour les droits des femmes et pour toutes celles et ceux qui continuent de se battre. Rien n’est acquis.

Pauline Marois : (Ex-première ministre du Québec) Le 6 décembre 1989, le Québec a été blessé au cœur de ce qu’il a de plus précieux : l’égalité entre les hommes et les femmes.

Karine Vanasse : (Coproductrice du film Polytechnique et interprète du rôle principal) L’importance de mieux comprendre, parce que… parce qu’au bout du compte, notre société ne se définit pas par les évènements; elle se définit par comment, collectivement, on réagit suite à cet évènement-là.

Wendy Cukier : (Présidente de la Coalition pour le contrôle des armes) For twenty-five years, the survivors and the families have endured the pain of their losses, every single day. [Pendant vingt-cinq ans, les survivants et les familles ont dû supporter la douleur de leur perte, tous les jours, sans exception.]

Francine Pelletier : (Journaliste dont le nom figurait sur la liste du tueur) De perdre sa vie, quand toute la vie t’appelle, c’est déjà d’une cruauté sans nom. Mais d’être ciblé parce que tu appartiens à un groupe — à un sexe, dans ce cas-ci —, c’est de basculer dans ce qu’il y a de plus terrifiant.

Philippe Couillard : Mais en décembre 89, souvenez-vous, elles étaient peu nombreuses, dans les salles de classe de Polytechnique. Vingt-cinq ans plus tard, elles représentent le tiers des étudiants de l’École; et aujourd’hui, en 2014, Polytechnique possède l’un des taux de fréquentation des jeunes femmes les plus élevés en Amérique du Nord. Voilà la plus grande, la plus belle victoire de ces femmes, dont nous célébrons, aujourd’hui, la mémoire.

(Applaudissements)

Beaucoup de choses ont changé — pas tout, on le sait — depuis les vingt-cinq dernières années, mais notre attachement à cette mémoire… à cette journée du 6 décembre demeure intact. Gardons confiance en notre capacité à traverser, ensemble, toutes les épreuves auxquelles, ensemble, nous sommes confrontés. Le 6 décembre, ces quatorze jeunes femmes sont devenues des membres de nos familles… de notre grande famille. Continuons à honorer leur mémoire, chacun, chacune à notre façon. Merci!

(Applaudissements)



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